Game Toppc Inside - Post de Atred

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Je viens de finir Inside. Enfin je crois parce que je n'aurai pas appelé ça une fin mais apparemment c'est bien ça.

Je n’ai rien compris, enfin, c'est ce que je croyais.

J'ai eu l'impression de jouer à Pitfall, en noir et blanc. Mais en plus un Pitfall bobo artsy avec un double discours super profond tu vois quoi (je remets ma mèche en place). Pour moi, le jeu est juste une fable torturée de gens qui ont clairement un problème psychiatrique pour raconter l'histoire de la vie dans nos sociétés, c'est à dire des gens qui contrôlent d'autres gens pour avancer. Parce que ce n'est pas suggéré pour le coup, c'est là en face de vous. Votre personnage contrôle d'autres humanoïdes et on se rend compte à la fin qu'il est sans doute contrôlé lui-même dans son cheminement par les "scientifiques". Qui contrôlent donc le joueur (vous quoi) dans sa progression. Bref. Wow mind blown. Enfin, si c'était il y a dix ans a peu prés.

Puis on m'a dit « il y a une autre fin ». Je suis allé la voir car il était hors de question que je me refasse le jeu, même un petit peu. J’en ai profité pour aller lire les explications et les théories sur l'interprétation du jeu.

Bon, finalement, j'ai compris, c'est bien ça. C'est encore un jeu pour des gars qui aiment se toucher le scrotum en cercle et fumer la pipe. Parce que quand même il faut reprendre les choses à la base. Un jeu ou tout media d'ailleurs qui porte son contenu sur le fait de raconter une histoire doit avoir, justement, une bonne histoire. Ici on nous donne l’impression d’avoir quelque chose de bon et d’intelligent mais à mon avis, ce n’est pas le cas. Alors je ne dis pas, il y a plein de manières de raconter une histoire compréhensible, même si c'est par couche, par parabole etc etc. Mais de base il faut donc vouloir raconter une bonne histoire.

J'ai un gros défaut, je ne me considère pas plus con que la moyenne. On ne revient pas dessus c'est le propre de l'intelligence de l'homme de juger en fonction de ses propres capacités. Mais du coup, je me dis forcement que si je n'ai pas compris le sens caché du jeu c'est que soit il n'y en a pas, soit je suis trop con, soit c'est mal fait. J’avais pris le parti du « je dois être trop con pour comprendre cette finesse que tout le monde adule ».

Dans le cas d'Inside c'est encore pire que prévu, non seulement le propos est clairement décrit dans le jeu, mais les gens planchent dessus pour comprendre et justifier chaque chose... Bref, je ne comprends ni son intérêt, ni les notes dithyrambiques de la presse. Un jeu qui décrit le totalitarisme ? La pression et le contrôle du cadre social ? La violence symbolique des puissants ? L’enfermement et l’aliénation des populations ? Quel chamboulement philosophique et puis quel brio dans le choix de la violence graphique pour exprimer cette thématique novatrice. Je pensais que les journalistes étaient des gens instruits et curieux. Tiens tant qu’on est dans le sujet, hasard du calendrier mais je viens de poster une redécouverte de Behond good and Evil qui traitait peu ou prou de sujets du même acabit avec à mon avis beaucoup plus de finesse et masquait sous sa véritable légèreté artistique le même discours sombre. Tout son génie venait de là, le décalage entre le propos et le média. Mais aussi l’utilisation du jeu, donc du gameplay (ce qui différencie le jeu vidéo des autres formes de narration je rappelle hein au passage) comme moyen.

Alors attention ici, je ne dis pas que le jeu est terriblement mauvais. Mais quand même, qu'est ce qui justifie un métacritique à plus de 90% ? De mon point de vue il est tout juste moyen.

Reprenons le jeu pour ce qu'il est.

Dans les points positifs il y a sa réalisation. C'est propre, c'est discutablement beau, car à mon avis trop vide et trop sombre. D'un autre côté vu le temps entre Limbo et celui-ci j'ai envie de dire heureusement que c'est propre. Heureusement qu'ils ont corrigé un peu la latence de Limbo et ses approximations de physique. Donc ok, c'est dans la moyenne attendue pour un jeu de ce genre. Faut pas rêver non plus ça reste un side scroller en 2D avec un moteur physique vu et revu depuis quelques années. Il n'y a pas non plus à gérer des milliards de systèmes et sous-systèmes. Venant de la même presse qui descend des jeux AAA en monde ouverts pour leurs chutes de framerates, j’ai du mal à saisir.

Ensuite les mécaniques. Clairement, je m'attendais à une progression depuis Limbo. Ce n'est pas le cas. Je dirais même que les "énigmes" sont plus simples. A aucun moment je ne me suis arrêté pour réfléchir à quoi faire pour progresser. Extrêmement déçu donc, j'ai eu l'impression de marcher vers la droite pendant 2h30. Donc pour moi, dans un jeu de plateforme réflexion, déjà, la réflexion n'est pas à retenir. Pour la plateforme c'est pareil, aucun challenge, ce n'est pas le but du jeu non plus.

Il reste quoi alors ? Il reste donc l'enrobage, la couche narrative et artistique et l'ambiance. En bref ce qui, une fois enlevé révèle un jeu extrêmement pauvre. Donc ce lubrifiant est constitué de quoi ?

Une histoire comme vu plus haut plutôt convenue, qui à environ 5/10 ans de retard. Une violence malsaine maladroitement mise en scène et justifiée par le contexte. Oui, le contexte justifie tout comme à chaque fois. Imaginons une minute que quand Mario se fait tuer par un goomba, il se fasse piétiner plusieurs secondes en une masse sanguinolente. Scandale dans les familles parce que ce n'est pas compréhensible dans le contexte.

Reprenons donc cet exemple. Ici au début, on incarne un enfant qui fuit. C'est tout, le contexte se limite à ça. Donc pour le joueur, c'est un enfant. Alors quand ce même enfant se fait choper par les chiens de garde, on ne comprend pas pourquoi les développeurs ont choisi de nous laisser 10/15 secondes pour voir les chiens se régaler à le déchiqueter. Dans n'importe quel autre média, si les développeurs n'ont pas de problème de santé mentale, on aurait eu une animation où le chien chope le gosse et le tue clairement puis, fondu au noir. Non, ici, on laisse tourner pour nous faire profiter de ce délice. Pourquoi ? Pour nous mettre mal à l'aise. Moi je dirais plutôt parce que c'est non nécessaire mais que les gens qui ont fait le jeu trouvent cela jouissif quelque part. Déjà parce qu'ils l'ont sciemment programmé et qu'ensuite ils l'ont volontairement laissé dans le jeu final.

Alors, une fois n'est pas coutume, j'aurais aimé que cette violence sordide et gratuite soit justifiée. Ou même ne soit pas là. Car je le répète, dans le contexte que le joueur connait de base il s'agit froidement d'un enfant qui se fait déchiqueter par des chiens. Cette violence me choque par sa gratuité beaucoup plus que n'importe quel Call of Duty sur le marché (qui met en scène des adultes professionnels de la guerre qui se tuent pour de l'argent).

Enfin enfin, je sais que tout ceci est "fait exprès" et c'est bien là mon propos. Si cela est fait exprès, comme je l'ai dit, c'est pour nous choquer et nous mettre mal à l'aise. Ma réflexion porte justement sur ce ressort de la violence sale et inacceptable comme seul outil d'ambiance. Je trouve que c'est le niveau 0 du ressort narratif visuel et si c'est le seul moyen qu'ils ont trouvé pour nous mettre dans cette ambiance c'est qu'ils manquent clairement de talent.

 

Bref, je n'ai pas aimé Inside pour toutes ces raisons et je ne comprends pas que les professionnels se soient laissés berner par un jeu qui ne propose ni mécanique spécifiquement novatrice, ni univers fin, ni scenario intelligent ou en tout cas intelligemment pensé. Juste un jeu moyen qui n'a pour lui qu'une direction artistique sympa et une couverture médiatique extraordinaire dû à sa parenté avec Limbo qui lui en son temps m'avait mis une véritable claque, comme au reste de l'industrie.


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